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3 janvier 2012 - 34e Dakar

34e Dakar - Argentine-Chili-Perou – Etape 3

Cyril Despres (KTM), déjà vainqueur à San Juan lors du dernier passage du Dakar en 2010, s'impose aujourd'hui et profite surtout d'une grosse erreur de navigation de Marc Coma (KTM) pour prendre la tête du classement général…

Parcours Etape 3 (document ASO)

Le ‘French Flair’ à la Despres (KTM !

Cyril Despres - KTM (photo KTM Racing)

Les efforts d'endurance ne dispensent pas de travailler dans la finesse. Sur le Dakar, la démonstration en a été faite par le Français Cyril Despres (KTM), qui a pris la tête du classement général et gagné l'étape du jour en faisant preuve de lucidité. En termes de performance, son face à face avec Marc Coma (KTM) a longtemps ressemblé à une partie de ping-pong : avantage au Français pour 20 secondes au CP1, puis à l'Espagnol pour 14 secondes au km 117. Le scénario d'une victoire au couteau pour l'un ou pour l'autre semblait dessiné d'avance. Mais l'ouverture de la piste n'est pas un exercice facile. A l'embranchement entre les parcours dédiés aux motos et aux voitures, soit après 164 kilomètres de course, Coma fait le mauvais choix, et se lance pendant plus de 4 kilomètres sur la piste autos. Malgré ses efforts pour essayer de combler son retard, le demi-tour lui coûte 13 minutes à l'arrivée. Après cette 27e victoire de spéciale, Cyril Despres se retrouve en tête du rallye avec un avantage de 10:12 minutes sur son plus fidèle rival.

Les valeureux contradicteurs de Coma et Despres sont à nouveau contraints d'admettre qu'un fossé les sépare. Car c'est finalement Frans Verhoeven (Sherco) qui s'empare de la 2e place sur la spéciale. La prestation est encourageante pour la nouvelle Sherco qu'il pilote, mais le Néerlandais pointe tout de même à 8:37 minutes, pendant que Paulo Gonçalves (HVA) met 2 secondes de plus.

Alain Duclos - Aprilia (photo Alainduclos.com)

Surtout, la leçon de calme et de retenue, deux qualités qui priment sur le Dakar, est sévère pour deux prétendants au podium qui sortent du rallye par les petites portes. Celle de son camion d'assistance pour Jakub Przygonsky (KTM), qui a cassé son moteur au km 68. Celle de l'hélicoptère médical pour Quinn Cody (Honda), qui s'en tire avec une clavicule cassée après un spectaculaire numéro de voltige au km 173 de la spéciale.

Olivier Pain - Yamaha (photo DPPI)

« Pour moi aussi la spéciale a été très compliquée ! », lance Cyril Despres à son arrivée à San Juan. « Ca a mal démarré ce matin puisque, en tapant dans une compression, je me suis arraché un ongle sur l'embrayage. Et 60 km plus tard, mon répétiteur de cap s'est arrêté. On est entré dans la montagne, et j'ai voulu garder mon rythme car je savais que Marc roulait très fort devant, mais en arrivant dans un ruisseau, j'ai dû baisser le rythme car je devais regarder le GPS. Et enfin, j'ai cassé mon frein arrière dans la grande montée, et la descente a été très sport, mais je me suis appliqué. Et sur les 50 derniers kilomètres je ne voyais plus trop de traces, donc je n'étais pas sur que Marc soit passé, et puis j'arrive ici en premier et on m'a dit qu'il s'était trompé de route donc ça va scorer pour moi. C'est bien, même si je ne me réjouis jamais du malheur des autres ».

Pour le reste de la ‘tribu’ française, force est de constater que tout va bien pour le Franco-Malien Alain Duclos (Aprilia) 5e de l’étape devant David Casteu (Yamaha). Olivier Pain (Yamaha), victime d’une lourde chute hier, a retrouvé le bon rythme et pointe ce soir 11e de l’étape.

Au provisoire, Despres occupe la tête avec 10:12 d’avance sur Coma et 17:16 minutes sur Casteu qui accède au podium virtuel moto. Suivent Duclos à la 6e place à 20:47 minutes, Pain 17e à 40:36 minutes et Johnny Aubert (KTM) 21e à 47:16 pour son premier rallye !

Il est tout aussi primordial de faire preuve de constance et de régularité sur quatre roues, où même les petites erreurs se payent en précieuses minutes. Stéphane Peterhansel (Mini) a progressé dans la spéciale sur un rythme conséquent, lui permettant de signer les meilleurs temps intermédiaires au km 41 et au km 163. Mais dans les 50 derniers kilomètres, le grand favori de la course s'est arrêté à deux reprises sur crevaison. Au final, il concède plus de 6 minutes à Nani Roma (Mini), qui se charge d'apporter à X-Raid la deuxième victoire d'une Mini sur le Dakar, après celle de Novitskiy le premier jour. L'écurie allemande peut d'ailleurs se féliciter de la journée passée, puisque Krzysztof Holowczyc, qui signe le deuxième temps, prend la tête du classement général.

Stéphane Peterhansel - Mini (photo DPPI)

La course quad a connu entre San Rafael et San Juan un retournement de situation prévisible. La réaction des Argentins commençait à se faire attendre, après les deux victoires consécutives du voisin urugayen Sergio La Fuente (Yamaha). Elle est venue de la part des frères Patronelli (Yamaha), qui s'emparent des deux premières places du classement général : Alejandro en tête, avec 55 secondes d'avance sur son jeune frère Marcos. Dans le même temps, un autre de leurs compatriotes est venu signer le scratch, Pablo Copetti (Yamaha). Un beau geste d'orgueil, après avoir perdu toute chance de jouer un rôle au classement général dans la deuxième étape.

Au général quad, comme à la parade, les deux frères Alejandro et Marco Patronelli occupent les deux premières places devant un autre argentin Tomas Maffei (Yamaha). Christophe Declerck (Polaris), 9e aujourd’hui, est 7e à 51:21 minutes devant Laurent Duvernet-Prêt (Honda) 8e de la spéciale du jour, alors que Camelia Liparoti (Yamaha) 14e à San Rafel, occupe la 13e place à 1h57 du nouveau leader.

* Les commentaires ci-dessus ne tiennent pas compte des modifications de classements intervenues durant la nuit et validées par le Jury des Commissaires FIM, FFM, FIA, FFSA et ASO

Etape 3 - San Rafel-San Juan (Argentine)

Moto

Quad

Parcours Etape 4 (document ASO)

Mercredi 4 janvier 2012 - Etape 4 : San Juan-Chilecito (Liaisons 388 km, Spéciale 326 km)

Gare à l’excès de confiance
Les plus à l’aise pourront s’amuser à compter les rivières asséchées qu’ils croiseront dans cette journée. Ils auront aussi le loisir d’admirer les canyons spectaculaires de la province de la Rioja, mais ont tout intérêt à rester extrêmement vigilants. Sur la spéciale, personne ne pourra s’installer dans un rythme de croisière. Qu’il s’agisse de subtilités de navigation en fin de parcours ou de petits obstacles à amadouer, les occasions de perdre du temps sont ici nombreuses. Il est probable qu’une fois à Chilecito, un ou deux prétendants soient déjà éliminés de la bataille pour le titre !

Jean-Paul Ancion (FFM) sur info ASO.